En droite ligne avec la volonté de laïcisation et d’adhésion au « droit naturel » prôné par les philosophes, les révolutionnaires entreprennent une réforme du droit conjugal finalisée à valoriser la famille en tant qu’institution. Celle-ci est d’autant plus conçue comme le pilier de la société que la frontière entre dimension publique et dimension privée s’estompe. Considéré comme un « étranger dans la société, […] un membre inutile et à charge », le célibataire civil ne jouit pas d’une bonne réputation sur les tréteaux. Stigmatisé in absentia, il est fort peu présent sur scène. Le cas échéant, il est ridiculisé ou dénoncé comme « aristocrate » et ne fonctionne que comme un anti-modèle dramatique. Proscrit des sentiments, il l’est aussi des planches, en accord avec la célébration festive d’un univers de gens mariés et avec une opinion publique qui le considère avec soupçon, la froideur sentimentale ne pouvant que cacher un manque d’ardeur patriotique : « nul n’est bon citoyen s’il n’est bon fils, bon père, bon époux ».

"D'un bon et franc républicain / le mariage est la loi première": le célibat civil sur les planches révolutionnaires.

PERAZZOLO, Paola
2013

Abstract

En droite ligne avec la volonté de laïcisation et d’adhésion au « droit naturel » prôné par les philosophes, les révolutionnaires entreprennent une réforme du droit conjugal finalisée à valoriser la famille en tant qu’institution. Celle-ci est d’autant plus conçue comme le pilier de la société que la frontière entre dimension publique et dimension privée s’estompe. Considéré comme un « étranger dans la société, […] un membre inutile et à charge », le célibataire civil ne jouit pas d’une bonne réputation sur les tréteaux. Stigmatisé in absentia, il est fort peu présent sur scène. Le cas échéant, il est ridiculisé ou dénoncé comme « aristocrate » et ne fonctionne que comme un anti-modèle dramatique. Proscrit des sentiments, il l’est aussi des planches, en accord avec la célébration festive d’un univers de gens mariés et avec une opinion publique qui le considère avec soupçon, la froideur sentimentale ne pouvant que cacher un manque d’ardeur patriotique : « nul n’est bon citoyen s’il n’est bon fils, bon père, bon époux ».
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