Poésie et théatre de la Réforme entre France et Italie

Gorris Rosanna;Ferrer Véronique
2016-01-01

2600047247
Poésie, Théâtre, Réforme, France, Italie
La préface de Rosanna Gorris Camos et Véronique Ferrer présente le volume Les Muses sacrées. Poésie et Théâtre de la Réforme entre France et Italie, qui réunit les Actes du Colloque de Vérone (les 27-29 novembre 2013). Cet ouvrage, qui présente dix-neuf contributions sur la littérature de la Réforme, est le résultat de la collaboration franco-italienne entre le Gruppo di Studio sul Cinquecento francese, le projet PRIN, Corpus del teatro francese del Rinascimento et le Centre Montaigne / TELEM de l'Université de Bordeaux. Rosanna Gorris Camos et Véronique Ferrer introduisent les questions abordées dans cet important volume en explorant la profonde renovatio spirituelle qui affecte l’Europe du XVIe siècle, en tant que conséquence d’une véritable crise ouverte par les retentissements politiques, sociaux et culturels de la Réforme. Les deux auteurs concentrent leur attention sur cette effervescence, politique et religieuse, qui conduit à un véritable « cangiamento » thématique et stylistique, écrit Rosanna Gorris Camos, concernant la production poétique de l’époque, dont les premières expériences réformées naissent sur les modèles des cantiques spirituels promus par Luther, et le théâtre, se tournant vers l’actualité pour devenir « théâtre de combat », « théâtre de l’épreuve » ou « théâtre de la persuasion ». Si les premières compositions poétiques réformées, dont Mathieu Malingre est l’un des représentants les plus importants, ont un objectif plutôt didactique, résidant surtout dans la divulgation des idées de la nouvelle religion, à partir des années 1550, elles évoluent en véritables poèmes scientifiques et dissidents. Les auteurs de ces derniers textes, en particulier, s’engagent activement dans la satire politique dirigée « contre les ennemis catholiques », écrit Véronique Ferrer, parmi lesquels les Guises, le Pape et Henri III. Parallèlement, même les dramaturges les plus illustres de l’époque, tels que Thédore de Bèze, Jean de la Taille, Chandieu, Louis des Masures, s’adressent à la Bible, écrit Rosanna Gorris Camos, avec le but de mettre en scène la guerre, la violence et la cruauté qui paralysent tous ceux qui y assistent. En évoquant sans cesse le chant de David, l’élu du Seigneur, le théâtre réformé cristallise la souffrance, corporelle et spirituelle, de l’homme du XVIe siècle qui subit, impuissant, les drames de l’Histoire, sans renoncer à l’engagement et, en quelque cas, à exploiter l’énorme puissance du rire, comme le démontre la Comédie du Pape malade de Conrad Banius, qui cache sous un sourire amer le portrait d’un pays malade, corrompu et désespéré.
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Utilizza questo identificativo per citare o creare un link a questo documento: https://hdl.handle.net/11562/1038028
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